7 Avr. 2023

Confidence #11 • Une histoire de « e »

Je partageais en stories la semaine dernière que, tandis que je prépare en coulisses la mise à jour des textes de mon site, une question était venue à moi…

Le point de départ étant mon envie d’ouvrir de façon plus claire mes services aux hommes.

La question étant alors : comment l’écrire ?

J’ai d’abord commencé en écriture inclusive, car sur le papier j’aime beaucoup le concept : tout le monde est représenté, hommes, femmes, et l’ensemble du spectre.

Mais, si à petit dose ça fonctionne pour moi, en rédigeant mes pages je me suis vite rendue compte que l’inclusif devenait lourd, cassait la fluidité de la lecture, et que c’était franchement indigeste sur de longs textes où les adjectifs s’enchaînent.
Et puis, je ne pouvais pas m’empêcher de penser aux personnes ayant déjà des difficultés de lecture, comme les personnes dyslexiques ; clairement, ça aurait été extrêmement inconfortable pour elles.

J’ai alors modifié mes textes pour les mettre au masculin, afin de tout englober tout en gardant une écriture simple – mais je sentais que quelque chose crissait en moi…
(C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai partagé ma réflexion en stories)

Parce que si en français le masculin serait notre « neutre », je le trouve loin d’être neutre. Car la base de cela, c’est tout de même l’idée que « le masculin l’emporte sur le féminin ». Et cette idée est bien loin d’être neutre…

Je pense au fameux exemple du « S’il y a 10 femmes dans une salle et 1 homme, pourquoi l’homme l’emporterait sur les femmes ? ».

C’est pourquoi je sentais qu’écrire au masculin n’était pas juste pour moi : l’impression d’invisibiliser les femmes derrière les hommes – alors que c’est déjà suffisament le cas. Bref, ça ne le faisait pas.

Je suis donc repassé au féminin, et là tout était fluide à nouveau. On m’a parlé en messages privés de l’accord de majorité, et j’aime cette idée : ce n’est plus le masculin qui l’emporte, mais la majorité. Et la majorité par ici, ce sont les femmes.

Pour autant, je réaffirme ma porte ouverte aux hommes(Et j’ai déjà prévu quelques astuces pour l’expliciter davantage dans la mise à jour de mon site à venir)

Parce que les hommes aussi pâtissent de ce « le masculin l’emporte ».

Parce que j’ai échangé avec des hommes critiqués pour leur sensibilité, rabaissés pour leurs émotions (bien souvent par d’autres hommes, en particulier leur père, mais aussi par des femmes qui attendent d’eux qu’ils soient « de vrais hommes »).

Parce qu’il y a aussi des hommes qui ne s’autorisent pas à être eux-même, pour correspondre à ce qu’on attend d’eux.

J’ouvre mes portes aux hommes qui ne se retrouvent pas ou plus dans l’énergie de force, de dureté, d’insensibilité dans lesquels on a voulu les plonger.

 

D’ailleurs, les notions d’énergies « masculines » et « féminines » me parlent beaucoup plus que la notion de genre.

Que ce soit chez un homme ou chez une femme, je n’aime pas ce que j’appellerai l’énergie de « masculinité toxique », qui fait croire que l’on doit être dans la force, dans le « prendre le dessus sur l’autre », dans le « Je suis fort, forte : je n’ai pas d’émotions », dans le « action, action, action !! ».

Que ce soit chez un homme ou chez une femme, je ressens souvent une certaine souffrance et de l’épuisement derrière. L’épuisement d’un rôle à jouer.

Très honnêtement, si pendant des années j’ai choisi de travailler avec des femmes, c’est parce que j’avais peur des hommes et de cette énergie de masculité toxique.
J’avais peur de me retrouver de nouveau petite fille effrayée, adolescente muette, femme qui s’écrase. Je voulais me protéger, ne pas laisser les hommes entrer dans mon espace, tout simplement (et pourtant, j’ai rencontré cette énergie chez certaines femmes !).

Mais je sais et j’ai expérimenté que désormais je sais dire Non, je sais « tenir tête » si besoin et rester solide dans ma posture, connectée à ma puissance.

 

La puissance ne passe pas que par la force.
Et la force ne passe pas que par la dureté, l’autorité, la violence.
Bien trop souvent, « être fort, forte » ressemble à de la violence que l’on s’inflige à nous-même. Une force que l’on retourne contre nous-même, quitte à nous écraser.

Notre force intérieure, notre puissance, est plutôt quelque chose de calme et de solide en nous. Une puissance douce, qui n’a pas à s’agiter ; qui est plutôt, au contraire, comme un arbre profondément enraciné au milieu des tempêtes.

Bref, au-delà des genres, du féminin et du masculin, d’une histoire de « e » à la fin d’un mot, j’ouvre ma porte à toutes les personnes qui se sentent appelées par mon énergie et en résonance avec elle ✨

 

Merci pour ta lecture ❤

Manon

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