Dans cet épisode…
Est-ce que tu vis avec un niveau de “douleur” que tu as fini par considérer comme normal ?
Après mon accouchement j’ai réalisé que ne pas avoir mal n’était même pas mon objectif, parce que c’était normal pour moi d’avoir mal.
Peut-être que toi aussi, dans certains espaces de ta vie tu t’es habitué·e à tolérer un certain niveau de « douleur », alors que tu devrais viser de te sentir vraiment bien.
C’est le sujet de cet épisode…
Transcription
Est-ce que c’est normal pour toi d’avoir mal ?
Est-ce que tu t’es habitué·e à la douleur, d’une certaine façon ?
Est-ce que tu tolères une situation qui ne devrait pas être tolérable ?
Pour illustrer ce que je veux dire, quand j’ai accouché de mon fils et que j’étais dans les trois jours là où tu restes à la maternité, il y avait une feuille de suivi de la douleur.
Tous les jours je devais marquer si je prenais des antidouleurs, et je devais noter ma douleur de 1 à 5 (ou 1 à 10, je ne sais plus exactement). Et je me suis rendu compte que quand ma douleur était à 7 par exemple, je prenais des dolipranes etc… Deux heures après, je notais que la douleur était descendue à 3 par exemple, et pour moi c’était ok.
J’ai réalisé que pour moi, le zéro douleur n’était pas l’objectif à atteindre…
… que pour moi, 2 ou 3 de douleur c’était ok. Que mon objectif c’était « Oh j’ai pas trop mal donc ça va, c’est supportable« .
Alors que l’objectif ici c’était que ma douleur descende à zéro. Les sages-femmes mettaient à ma disposition les moyens de faire descendre ma douleur à zéro. Elles me demandaient régulièrement si j’avais mal, si ça allait, s’il fallait que j’ai des traitements plus efficaces, etc… Mais c’est moi qui me disais « Non, je suis à 2 ou 3 de douleur et, ouais j’ai mal, mais ça va par rapport aux 7-8 du début ».
Ça m’a simplement fait réfléchir à combien on peut s’accoutumer à une situation qui n’est pas optimale.
On peut avoir mieux, on devrait vouloir mieux.
On devrait vouloir le zéro douleur, on ne devrait pas se contenter de « J’ai moins mal qu’avant donc c’est mieux ».
Et je trouve que ça fait réfléchir justement à ces différents espaces où on ne cherche pas le zéro douleur, où on tolère d’avoir mal, on tolère d’être mal… ces espaces où on n’envisage même pas que c’est possible d’être à zéro douleur.
Alors que finalement, quand on commence à l’envisager, qu’on commence à se dire « Mais attends, je ne devrais pas rester à 2 ou 3, je devrais vouloir être à 0 douleur », quand tu conscientises ça, tu fais ce qu’il faut pour descendre la douleur.
(Alors là, quand je parle de douleur, dans le cas de mon accouchement, c’était physique et très littéral, mais j’espère que tu vois ce que je veux dire. Dans le mot douleur, c’est quelque chose de plus large que juste avoir mal après un accouchement, on est d’accord. C’est un exemple pour te transmettre ma réflexion.)
Il y a tellement de personnes qui sont à 2 ou 3 de douleur dans leur couple, parce que « c’est pas si pire ».
« Ma relation d’avant, j’étais à 7 de douleur, donc là c’est pas mal« ; mais le 2 ou 3, c’est quoi qui se cache derrière ? Qu’est-ce qui fait que tu es à 2 ou 3 de douleur alors que tu devrais être à zéro ? Pareil dans le travail.
Enfin voilà, c’est vraiment juste une réflexion beaucoup plus large de :
Est-ce que simplement on s’autorise l’idée de descendre à zéro de douleur et d’être vraiment bien ?
Plutôt que d’être dans un espace où c’est normal d’avoir mal et on oublie qu’on peut ne pas avoir mal, que c’est ce qu’on devrait vouloir, que c’est ce qu’on devrait chercher.
Pour ma part, quand j’ai conscientisé ça à la maternité, j’ai arrêté de ne pas prendre de traitement parce que « c’était bon 2 ou 3, c’était tolérable », et je n’ai plus accepté le 2 ou 3 de douleur, j’ai voulu moins.
Et dans le cas présent, vouloir moins, c’était surtout vouloir plus, vouloir mieux pour moi

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