Dans cet épisode…
« C’est pas ça la vraie vie 🙄 », « Reviens dans la vraie vie 😑 » etc…
Qu’est-ce qui se cache derrière cette pensée ? Est-ce que la « vraie vie » est réellement ce que cette phrase sous-entend ? Parce que souvent, derrière cette pensée, il y a l’idée que la « vraie vie » est pénible, frustrante, limitée…
Et si la « vraie vie » était autre chose ? Dans cet épisode, je te propose de regarder ça autrement, et de questionner ce qu’on considère comme « normal » alors que ça ne devrait pas l’être.
Transcription
Tu connais cette phrase : « Non mais c’est pas ça la vraie vie 🙄 Reviens à la réalité, réveille-toi, c’est pas ça la vraie vie 😑 ».
J’y ai repensé l’autre jour en pensant à ces personnes qui ont des vies hors normes, des vies extraordinaires, des vies « extravagantes »… Parfois des personnes qui ont beaucoup d’argent, qui parfois n’ont pas besoin de travailler (ou en tout cas pas le travail dans le sens où on l’entend communément) ; des personnes qui s’achètent des articles de luxe magnifiques, parce que ça leur fait plaisir ; des personnes qui vont à des événements people ; des personnes qui voyagent ultra spontanément – c’est leur norme de voyager ; des personnes qui vont avoir un chef cuistot personnel, un coiffeur personnel, un maquilleur personnel… des personnes qui vont régulièrement organiser des énormes événements avec plein de prestataires qui s’occupent de tout, etc…
Je regardais tout ça, en pensant à ce « Ouais mais c’est pas ça la vraie vie. Là c’est une vie extraordinaire, là c’est des gens qui font des trucs un peu bizarres, un peu spéciaux, mais c’est pas ça la vraie vie ».
Je me suis entendue penser ça, et justement, j’ai fait ce petit pas de recul en me disant « Mais pourquoi on dit ça ? Pourquoi la vraie vie ça ne serait pas ça ? »
Parce que du coup, en miroir, c’est quoi la vraie vie ?
Est-ce que la vraie vie, c’est de galérer ?
Est-ce que la vraie vie, c’est de pas faire ce qu’on aime, de pas se faire plaisir ?
Est-ce que la vraie vie c’est d’être frustré·e, d’être limité·e ?
C’est quoi qu’on vient dire quand on vient dire « C’est pas ça la vraie vie » ? 🤨
A un moment, mon mari était en saisonnier, du coup il y avait six mois dans l’année où il était à la maison à écrire ses romans et à être avec sa femme et sa fille, et six autres mois dans l’année où il travaillait de façon plus « classique ».
Et du coup, je repensais à cette personne qui nous avait dit, au moment où on allait passer
dans les six mois de travail : « Ah ben, là vous allez retourner dans la vraie vie ».
Et déjà là, ça m’avait tiqué. Je m’étais dit « Mais à quel moment la « vraie vie », ce n’est pas d’être à la maison à écrire des romans avec ta femme et ta fille ? » 🤔
Pourquoi la vraie vie, on insinue forcément que c’est difficile, que c’est galérer, que c’est pas faire ce que t’aimes ?
Parce que bien souvent derrière cette phrase, c’est ça qui se cache.
Pourquoi la vraie vie, ce serait pas justement de profiter un max de cette vie, de se faire plaisir ?
Est-ce que finalement, ces personnes avec des modes de vie hors normes et extravagants, c’est pas elles qui sont le plus dans « le vrai » ? 🤔
Je trouve qu’il y a vraiment un truc dommage de se dire que « la vraie vie », c’est sous-entendu la galère, la difficulté, la limitation… Et que ces gens-là dont je parle, « Non mais ça c’est pas la vraie vie ».
Et justement, il y a cette idée que ces gens-là n’ont pas une vie normale.
Comme je le disais, c’est hors des codes, c’est hors normes, c’est exubérant, c’est des vies qui paraissent inaccessibles. Tu vois, il y a un peu ce côté piédestal, podium, loin de nous.
Nous, on est dans des vies normales.
Mais j’avais envie de reposer par ici que ce n’est pas parce que c’est la norme autour de toi d’être dans un travail qui nous déplaît et dont on se plaint toute la journée que c’est normal.
Ce n’est pas parce que c’est la norme autour de toi d’être dans une relation qui nous rend
malheureux et dans laquelle on reste par confort que c’est normal.
Ce n’est pas parce que c’est la norme autour de toi de galérer à finir ses fins de mois et d’être toujours dans la privation que c’est normal.
La norme n’est pas la normalité.
Il y a plein de choses qui sont plus ou moins devenues une norme alors que ce n’est pas
normal, en fait, quand on y réfléchit.
(Et heureusement d’ailleurs, parce qu’il y a énormément de choses qui ont évolué dans l’histoire parce qu’on s’est dit que la norme actuelle n’était pas normale et qu’il fallait la changer. Dieu merci qu’il y ait eu ces prises de conscience-là et ces évolutions-là.)
Donc finalement, toutes ces vies hors normes qu’on voit de loin, est-ce qu’on ne pourrait pas juste ouvrir la possibilité que ça devienne nos « vraies vies », que ça devienne nos normes ?
Alors je ne parle pas dans le détail de ce que vivent et font ces personnes-là, mais plus dans la grosse idée principale qui pour moi est derrière : dans la « vie normale », le plaisir n’est pas prioritaire. La vie « normale », ce n’est pas se faire plaisir, kiffer sa vie, profiter, qui est au centre. La « vraie vie », c’est une forme de galère.
Et pour moi, ça c’est une sorte de norme qui n’est pas normale.
Je n’ai pas envie, pour moi, que la « vraie vie », ça soit ce qu’on sous-entend derrière.
Pour moi, la vraie vie, c’est de se sentir vivant·e dans sa vie.
C’est de kiffer sa vie, de faire des choses qui nous font plaisir, d’acheter des choses qui nous
font vibrer, de vivre des expériences qui nous font nous sentir vivant·es.
Si la vraie vie, c’est de se sentir éteint dans sa vie, je vois pas ce qu’il y a de vivant là-dedans 😅
Donc invitation à se questionner sur : c’est quoi la « vraie vie » dans ce qu’on entend actuellement, et c’est quoi qui n’est pas la « vraie vie » ? Et là-dedans, qu’est-ce qu’on veut vraiment en fait ?
Qu’est-ce qu’on accepte ? Qu’est-ce qu’on tolère ? Qu’est-ce qu’on choisit comme normal ?
Qu’est-ce qu’on choisit comme étant notre norme à nous ? Qu’est-ce qu’on choisit d’accepter ? Qu’est-ce qu’on choisit de tolérer ? Qu’est-ce qu’on choisit de transformer ?
Pour reprendre l’exemple dont je te parlais des six mois où on était tous ensemble et six mois où mon mari travaillait en saisonnier, pour moi quand il retournait travailler, c’était ça qui n’était pas normal. Notre vie normale à nous, c’était d’être tous ensemble à la maison et de chacun faire une activité qui nous plaît et qui nous nourrit.
Donc qu’est-ce qui est normal pour toi ?
Qu’est-ce que tu aimerais qu’il soit normal pour toi ?

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